PVT Japon : Bilan des 3 mois !

Shibuya : toutes nos bonnes adressesaCela fait maintenant un peu plus de trois mois que nous sommes installés au Japon en PVT, et du coup, nous nous sommes dit que faire un petit « article bilan » serait de rigueur ! Il s’est passé beaucoup de choses en 3 mois donc va y avoir pas mal de lecture ^^

Installation à Kyoto début juillet, moins d’activité sur le blog

Nous avons quitté Tokyo pour Kyoto après plus de deux mois passés dans notre super quartier qu’était Maruyamacho à Shibuya (et accessoirement notre 16m carrés qu’on ne regrette pas, lui). Et du coup, nous avons un peu délaissé le blog ce mois de juillet, pour plusieurs raisons. Déjà, avec le déménagement et l’installation, nous avons eu moins de temps pour faire des visites… Il y a aussi le fait qu’on commence à réellement « vivre » au Japon et que donc, forcément, on est de moins en moins en « mode touriste ».

Il y a aussi la canicule qui dure à Kyoto depuis notre arrivée (DEPUIS TROIS SEMAINES, OUI), avec 35-40° et +60% d’humidité tous les jours ! Ce qui fait qu’on a mine de rien énormément réduit les visites. C’est sûr, ça paraît anecdotique dit comme ça mais honnêtement, c’est beaucoup plus difficile à vivre qu’une canicule en France (surtout à cause de l’humidité qui fait que ça ne refroidit pas en soirée, au contraire, mais aussi parce que ça DURE LONGTEMPS). On espère vraiment que ça passe, pour pouvoir sortir de notre cave climatisée déjà, mais aussi afin arrêter de faire exploser les factures d’électricité 😉

En un mois, faut dire aussi que le Japon a subit énormément de choses : tremblement de terre à Osaka début juillet, pluies torrentielles et coulées de boues à Kyoto et à l’ouest, répliques du tremblement de terre, puis canicule hors-normes (première fois qu’il fait aussi chaud depuis la création des stations météo début 19ème, c’est un record), suivi d’un nouveau typhon fin juillet… Bref, c’était un mois agité pour le pays.

Sans ça, on a quand même bien profité du Kanto. On a énormément visité Tokyo et ses alentours. Et ce qui est sûr, c’est que Tokyo gardera toujours une certaine place dans nos coeurs. C’est une ville absolument géniale. Dommage que ce soit aussi cher pour faire l’aller-retour depuis Kyoto (et oui, pas de OuiGo ici, le Shinkansen c’est bien, mais c’est CHER).

En termes d’articles comme je disais, le déménagement + canicule se sont beaucoup ressentis niveau publications, vu qu’on a sorti que les photos du mois de Juillet pour l’instant. On verra quand il fera plus frais 🙂

Tokyo & Kyoto, les différences

On avait exactement prévu de rester deux mois à Tokyo donc on est plutôt contents d’avoir suivi le plan initial 🙂 On avait adoré Kyoto l’année dernière et c’était la suite du plan d’aller y vivre.

On a eu l’occasion d’aller deux fois à Osaka depuis notre arrivée et je dois admettre qu’on a eu une vision plus positive de la ville que l’année dernière. C’est gris OK, mais en fait, ça a l’air franchement sympa. On y reviendra encore ! Bref ce n’est pas le sujet, mais on avait envie de le préciser. On sait que beaucoup de gens adorent Osaka et, on se sentait un peu en décalage sur cet avis.

Même si Tokyo reste notre ville de coeur, c’est plus abordable de vivre à Kyoto. En plus de ça, la nature est à quelques minutes (depuis chez nous 20min pour être en pleine forêt, 40min pour la plage) et ça n’a pas de prix, franchement. Le traditionnel (les machiya, temples, pagodes) partout, c’est agréable aussi. Viennent ensuite les prix, forcément, qui sont plus bas qu’à Tokyo. Et puis le Kansai évidemment, central et qui regorge de choses à voir.

En points négatifs, il y a le fait que c’est beaucoup plus petit, donc forcément, ce n’est plus la même la sensation de découverte perpétuelle qu’offrait Tokyo. Ensuite, c’est l’ambiance de Tokyo qui nous manque tout simplement, et notamment celle de Maruyamacho. C’était notre quartier et on s’y sentait comme des poissons dans l’eau. On le connaissait comme notre poche et on adorait.

Pour finir sur le négatif et dans le même registre, notre quartier actuel, Omiya… L’appartement est vraiment top, mais le quartier c’est vraiment pas ça. On va pas passer par quatre chemins, même s’il est pratique et qu’on y trouve à peu près de tout, c’est moche, très gris, avec énormément de circulation et beaucoup de bruit. C’est comme ça ¯\_(ツ)_/¯

Le budget PVT, 3 mois après

Pour les PVTistes, j’imagine que c’est surtout le budget qui vous intéresse et on va en parler. Et effectivement, la différence est énorme entre Tokyo et Kyoto (sans blagues ?)

Niveau logement : on est passés de ¥125000 à Tokyo (charges comprises, soit environ 960€) pour 16m carrés à Shibuya, à ¥87000 (charges comprises, soit environ 670€) pour 26m carrés + un balcon de 6m carrés environ. Pour Shibuya oui, c’était cher, mais on avait pris cette décision déjà car plus aucun appart n’était dispo en avril, mais aussi parce qu’en étant directement à Shibuya, on a énormément économisé niveau transports (vu qu’à Tokyo le métro n’est franchement pas donné).

Faut dire aussi qu’on a une vue sympa sur les montagnes depuis le balcon 🙂

Parenthèse pour ceux qui souhaiteraient vivre à Kyoto. On est passés par Kyoto Apartment et on ne peut que vous la conseiller si vous planifiez d’aller vivre à Kyoto. Ils sont professionnels, extrêmement agréables, et surtout, TRÈS disponibles. J’aime pas faire de pub mais là c’est obligé tellement ils sont biens. Les frais sont ridicules comparés à la concurrence :

  • Caution de ¥30000 (c’est tout)
  • Frais nettoyage au départ ¥1000 (c’est tout, à Tokyo on a payé ¥20000 pour 16m carrés)
  • Charges comprises dans le loyer (¥8000 seul, ¥13000 à deux) vous payez si vous dépassez (c’est largement assez)
  • Pas de contrats à ouvrir et à fermer, ils s’en occupent (c’est plus que pratique)
  • 3 semaines pour le préavis (c’est parfait)

Niveau transports : Comme Tokyo les transports restent chers. ¥230 l’aller de bus, n’importe quel bus. Soit 1,70€, comme à Bordeaux finalement. Il n’y a qu’un pass à la journée qui coûte ¥600 donc pas franchement rentable… La Hankyu (ligne de train) n’est par contre pas chère du tout et ça c’est cool. D’autant plus qu’on peut la prendre en bas de chez nous et qu’elle nous amène à Osaka directement, c’est pas mal. Après pour les trajets en dehors de la ville, ça va, ça reste correct. Entre ¥200 et ¥600 l’aller sur des trajets proches, ça dépend de où on va. On essaye d’acheter des vélos mais pour l’instant on en a pas trouvé à des prix corrects.

Niveau nourriture : On a un énorme supermarché en bas de chez nous ouvert 24/24h, et forcément, ça change de faire les courses à Maruetsu Petit ou en Konbini. C’est le jour et la nuit. C’était pas simple de faire nos courses à Shibuya, à part le Mega Don Quijote et un Life à 30min, y’avait pas grand chose, et les prix étaient super élevés. Sans parler du fait qu’on a une vraie cuisine maintenant, donc je vous explique pas les économies et le lâchage gustatif qu’on s’est fait en ayant la possibilité de cuisiner. C’est juste ÉNORME en termes d’économies et de plaisir, et c’est pas négligeable quand t’es à 11000 bornes de chez toi. C’est pas « si » simple de cuisiner ici.

Niveau visites : on est revenus (avec beaucoup d’émotion) à Fushimi Nari pour le festival des lanternes (le Motomiya), on a participé au Gion Matsuri (et c’était super beau mais blindé de monde) et on a pris nos marques en visitant la ville un peu partout. Encore une fois on a mis quelques photos ici.

Les chars du festival Gion Matsuri
Les chars du festival Gion Matsuri
Kyoto, festival Motomiya, Fushimi Inari
Kyoto, festival Motomiya, Fushimi Inari

Notre gros coup de coeur, c’est le Lac Biwa et la plage d’Omi-Maiko. Les photos parlent d’elles-même, c’est un coin de paradis à quelques kilomètres de la ville. Avec un service public bien japonais : des barbecues et de l’eau fraîche à disposition sur la plage, bien sûr.

Lac Biwa, plage d'Omi-Maiko
Lac Biwa, plage d’Omi-Maiko
Lac Biwa, plage d'Omi-Maiko
Lac Biwa, plage d’Omi-Maiko

Bon, après, on a pas tout budgétisé. On a pas encore calculé nos dépenses au mois (faudrait qu’on s’y mette), mais même en faisant notre budget à la louche, on voit bien en fin de mois que la différence est majeure, et qu’on va arriver à tenir dans le budget qu’on avait prévu (max 900€ par mois et par personne). C’était pas du tout le cas à Tokyo où on a largement dépassé ces deux premiers mois.

Trois mois au Japon, le positif, le négatif

Le bilan pour l’instant n’est ni blanc, ni noir. Il y a du bon comme du mauvais. On va essayer de résumer tout ça 🙂

Le négatif

  • Les courses. Vous allez sûrement vous marrer en lisant ça parce que ça paraît stupide, mais si. Déjà, les quantités sont toujours beaucoup plus petites qu’en France, donc même si on a parfois le sentiment que c’est moins cher, c’est faux. Et puis c’est le dernier truc auquel on aurait pensé avant de partir mais, retrouver des goûts familiers, ou cuisiner des choses habituelles, ce n’est pas si simple ici. Alors on essaye des trucs, on tente des choses, mais c’est pas facile 😉
  • La gastronomie française nous manque beaucoup (en 3 mois !). Fromages, charcuteries, vin, etc. La gastronomie japonaise est extraordinaire mais on n’y peut rien, manger et boire français, ça nous manque, c’est comme ça. Surtout les fromages : un camembert président (déjà, faut le trouver) coûte 10€, et à part du Cheddar industriel à 2€, c’est la mission pour trouver quelque chose de correct. On trouve des vrais fromages (très chers) dans les « Fermier », une chaîne, mais pas à Kyoto, tristesse.

    Version Mozzarella du « Kireteru cheese » en tranche. Non, en vrai ce n’est pas de la mozza. Ce n’est pas du fromage non plus.
  • On ne sera jamais japonais et on le sent au quotidien (sans parler du Tatemae / Honne). On ne peut que s’en vouloir de ne pas encore bien maîtriser le japonais, bien sûr. Par contre et même s’ils ne sont pas racistes (en tout cas, jamais devant nous), on n’y peut pas grand chose d’avoir des têtes d’étrangers, et malheureusement, on le sent au quotidien. Normal, dans un pays où 98% de la population est japonaise. A la longue, les petits regards de côté au supermarché et les acclamations quand on sort deux mots en japonais, c’est un peu lourd.
  • Les expatriés (non touristes, non asiatiques) sont parfois condescendants envers ceux qui viennent d’arriver. Ça reste des cas isolés et c’est même surtout sur internet, bizarrement ! Mais on a l’impression que c’est tellement difficile de s’intégrer dans la société japonaise que ceux qui ont plus ou moins « réussi » à le faire se prennent directement pour des êtres supérieurs et n’hésite pas à prendre de haut les débutants, au lieu de les aider. C’est difficile à expliquer mais c’est une attitude qui craint, vraiment – on parle bien d’une attitude, parfois c’est juste des regards très froids. Heureusement ça reste vraiment rare.
  • Pas (enfin peu) de terrasses. Le Japon n’est pas un pays occidental et encore moins latin. On a parfois pas le courage de s’enfermer dans un café sous la clim’ quand il fait super beau, et on ne pensait pas que les terrasses nous manqueraient autant. ¯\_(ツ)_/¯

Le positif

En points positifs, et bien, on vous dirait quasiment tout le reste. Mais surtout,

  • LE KARAOKÉ !!

Non sans rire, le Karaoké. Je sais pas encore comment on va faire en rentrant en France sans ça. On installera peut-être JoySound sur la Switch en achetant des micros 🙂

Bref, les points positifs :

  • C’est tellement agréable de vivre au Japon. Malgré tout, les japonais sont adorables, accueillants, curieux, agréables. Même si la France nous manque et que les deux cultures sont diamétralement opposées, et même si on se sent toujours « étrangers », on n’est jamais en difficulté ici. Tout fonctionne bien. Tout est tranquille, agréable. On nous a toujours aidé lorsqu’on avait un soucis et on s’est jamais retrouvés dans des situations complexes malgré la barrière linguistique et culturelle. C’est tout un ensemble de choses qui fait qu’on s’y sent bien : service inégalable, logistique sans faille, respect mutuel, savoir-vivre et civisme omniprésent, individualisme quasi-inexistant…
  • Les Konbini et supermarchés 24h/24. Rien à rajouter !
  • Le sentiment de sécurité permanent. Malgré tout, ça se ressent…
  • On se plaint sur les courses, mais faut pas oublier les ¥100 Shops. Ces magasins un peu partout où on trouve de tout à 0,80€ et d’une qualité franchement honorable. Matos de bricolage, nourriture, serviettes, ce que vous voulez. C’est extrêmement pratique, et ça va énormément nous manquer en France.
  • Les promotions à partir de 19h ! Les produits qui viennent à périmer sont bradés dès 19h (de 5% à 50%).
  • Ce pays regorge de choses à voir et à faire. On est tous les deux des amoureux de la nature et forcément ici, on est bien servis. Leur patrimoine historique est colossal et fascinant, et on en apprend tout les jours.
Kyoto, Gion Shirakawa
Kyoto, la rue Shirakawa

Pour conclure sur ces trois mois

Pour l’instant, on est loins de regretter d’être partis au Japon en PVT. On a des hauts et des bas et c’est bien normal, les modes de vies étant totalement différents. La vie française nous manque cruellement c’est sûr, mais le Japon est un pays fascinant et on sait qu’il nous reste énormément de choses à voir et à faire.

Niveau budget on arrive à tenir le cap. On fait hyper attention, mais le fait d’avoir déménagé dans le Kansai a drastiquement changé les choses, vu qu’on fait des économies sur à peu près tout (le logement, les transports, la bouffe…).  On a aussi prévu de faire un tour en Corée du Sud et à Okinawa puis de faire traduire le permis de conduire pour louer une voiture. Et puis comme je disais au début, on attend impatiemment que la canicule s’arrête car on a quand même le sentiment d’être à un peu au ralenti depuis début juillet.

Ah et, nous avons aussi été interviewés par PVTistes.net.

Voilà, c’est à peu près tout pour ces trois mois 🙂

Kyoto, Chemin des Philosophes
Kyoto, Chemin de la Philosophie
PVT Japon : Bilan des 3 mois !
5 (100%) 4 vote[s]

3 Replies to “PVT Japon : Bilan des 3 mois !

  1. merci pour ce point très complet qui me permet de visiter le japon au frais en Bretagne !
    Bien envie de venir faire un tour là bas …

  2. Bonjour!
    Je me permets de vous laisser un commentaire après une lecture accélérée de votre blog très complet qui me rappelle de bon souvenirs!

    Je suis un peu triste de savoir que vous avez eu des problèmes avec d’autres expats, mais me dis aussi que je dois agir exactement pareil parfois. (
    Pour notre défense je n’ai qu’une chose à rajouter au fait qu’il est très dur de s’integrer. Le fait est que cette intégration est aussi rendue plus difficile par le fait que beaucoup d’etrangers au Japon, touristes ou non, ne respectent pas les règles ou alors se lâchent parce qu’ils ne sont pas chez eux ce qui n’arrange rien à l’image que les japonais ont de nous. (Je ne cherche pas à vous jeter la pierre, et je ne dis pas que c’est tout le monde, mais c’est parfois une réalité malheureusement)
    Et donc un contexte ou à chaque fois que tu rencontre quelqu’un tu dois prouver que oui tu est bilingue, et que non tu ne fais pas n’importe quoi, tu en arrive à éviter comme la peste les autres expats et encore pire les touristes, dans l’espoir de passer le plus inaperçu(e) possible. En tout cas je parle pour moi 🙂

    En tout cas je vous souhaite un super séjour! Mais je vois que vous profitez bien déjà et je suis impressionnée par tout ces renseignements condensés que vous avez rassemblé! Je suis sure que ça sera super utile à plein de monde!

    (Ah et juste une précision sur les apparts, personnellement je n’ai jamais eu de problème avec le fait d’etre étrangère dans tout les appartements que j’ai pu louer. Et pourtant j’ai l’air très très étrangère. Donc je pense que la maîtrise du japonais joue beaucoup dans ça, plusieurs fois les gens m’ont dit après coup qu’ils avaient eu peur de ne pas pouvoir communiquer. En général c’est d’ailleurs les proprios plus que l’agent immobilier qui sont contre apparement.
    Ensuite pour ce qui est du bail, c’est apparement tout à fait possible de le résilier avant les deux ans, du moment que tu préviens 1 mois à l’avance environ. Sinon ces pauvres japonais qui se font muter à des moments des plus improbables auraient bien des problèmes.
    Donc c’est surtout pas très avantageux pour ton porte monnaie puisque tu dois repayer dans un autre appart les cadeaux et autres cautions qui disparaissent en général mystérieusement à la fin. Du coup beaucoup de gens déménagement au bout de deux ans, car le cadeau au propriétaire est du à chaque renouvellement de bail. C’est trop sympa!)

Laisser un commentaire ?